26/04/2015

La femme qui décida de passer une année au lit

 Ce titre et moi on n'était pas vraiment fait pour s'entendre.
Décanillée tôt et couche tard.
Eva aux antipodes.
Il y a de ces lectures qui tombent à pic.
Si je l'avais lue avant. Si je l'avais laissée traîner. Elle n'aurait pas eu le même sens. Elle m'aurait peut être même horripilée.
Eva. 50 ans. Mère au foyer. Un mari. Brian. Des jumeaux étudiants surdoués, Brian jr et Brianne.
Eva. Rangée, ordonnée, consciencieuse, appliquée, femme d'intérieur bien policé et d'extérieur bien lissé.
.." elle attrapa la casserole, sortit de la cuisine, gagna le salon, et renversa la soupe sur son précieux fauteuil. Puis elle monta à l'étage. Dans sa chambre, sans ôter ni ses vêtements ni ses chaussures, elle se mit au lit et y resta un an. "
Le sujet de la femme au foyer en pleine rébellion pré- ménopause n'est pas une nouveauté. La façon de le traiter l'est. Ce roman est une petite perle d'humour so British, et, by appointment  to me, il offre une galerie de personnages ciselés et une brassée de questionnements pas si loufoques sur le fonctionnement de couple et sur nos relations aux autres tout bêtement.
Eva fait le vide. Lit, chambre blanche. Une fenêtre sur l'extérieur - Un sycomore -
Son antre devient le centre névralgique de la maison. Les personnages s'y rencontrent. le mari et sa maîtresse, maman et belle-mère, un ouvrier, Alexander, le grand, qui deviendra rapidement l'ange -noir et rasta - d'Eva, la copine de fac manipulatrice, et puis le monde entier, attiré par cette femme qu'on dit sage et presque Sainte. Tous, sauf les enfants, nombrilistes et totalement insensibles !
La marche huilée de la maison tenue par Eva est chamboulée. Les gens insignifiants deviennent des essentiels, tandis que la famille proche ne compte plus vraiment. 
Le lit d'Eva c'est sa liberté de penser. Sa vie passée s'y raconte - Génialissime description des 24 heures  précédents Noël  - Sa vie présente s'y suspend pour mieux y dessiner sa vie future.
L'écriture de Sue Townsend - Auteur à succès pour ado - est simple et son texte est bourré de subtilités, traits d'humour et finesse d'esprit. Noms de personnages, acteurs, quiproquos, comique de situation et dialogues, l'humour Anglais charme le lecteur sans jamais en alourdir l'intrigue.
Eva me trouble, Brian me navre, les enfants m'attristent, l'ange noir me ravit. Je prends parti.
Eva fait une pause. Comme nous serions bien inspiré de le faire parfois, afin de s'interroger sur le poids que nous faisons porter aux autres mais aussi sur l'utilité d'une toute petite poussière de comportement, presque insignifiante et pourtant si lumineuse.
"La bienveillance…C'est ça hein ? La bienveillance, tout simplement "
"La femme qui décida de passer une année au lit"
Sue Townsend
Ed Charleston et en poche chez 10/18

07/04/2015

Blanche Heure suspendue



































Pour Priscille.

01/02/2015

Aime

Au début j'ai occulté.
Pas mes oignons.
J'ai pensé que c'était une inoffensive étincelle.
Mais mon fil d'actualité FB est truffé de départs de feu. C'est un brûlis, un brûlot, un complot accompli.
Je suis absente depuis presque deux ans de l'actualité créative.
Vie privée, autres envies.
Je prépare mon retour. Il sera fidèle, autre ligne, grand projet.
Je me sens de ce fait éloignée et pourtant si proche de ce grand sujet qui ébranle le microcosme blogosphérisque couturier.
J'ai mal pour une fille que j' M.
Je ne fais aucun lien ici, pour ne pas en rajouter.
M, c'est une fille que j'admire beaucoup. Professionnellement parlant.
Il y en a d'autres.
J'admire les bûcheuses. Celles qui partent d'une envie et qui la transforment en joli succès par le travail et la passion.
J'admire celles qui se lancent avec leur talent. Pas avec des coups de lèche et de prêches bien placés .
A travail bien fait, succès mérité.
Et puis.
Une faille. Dans le flot de ce titanesque travail, une coquille, une faiblesse.
Je n'utilise jamais. Jamais de patron du commerce. Je suis de celles qui feraient couler l'ensemble des artisans du patronage.
Si je dois coudre un vêtement, je repars systématiquement d'une base vierge. Jamais, jamais d'un patron existant. Même des miens.
Le B-A ba absolu à mon sens pour garantir l'inédit. Et puis je travaille plus vite ainsi.
Je suis une anti-patron. Je déteste les patrons. Si.
Alors. Bon. 
Avis absolument, totalement, et objectivement vide sur le sujet du qualitatif des patrons des copines.
En revanche.
Je mesure pleinement la masse de travail, d'heures, d'abnégation et de passion que représente le succès de M. C'est quasi inhumain. Un sacerdoce. 
Rien de plus basique qu'un patron basique - Là est l'erreur. Risque inouï de sortir un modèle rabâché  -  Rien de plus commun qu'une erreur de saisie. Travailler non stop c'est risquer la confusion.
Si il y a eu erreur. Si.
Elle est humaine.
Si il y a eu faiblesse. Si.
Elle est stupide. Elle n'est pas méchante. Elle n'est pas vicieuse. 
Il y a des réussites hypocrites.
Celle de Marie n'est pas de celles ci. Et de loin.
Je suis triste.
Mais je l'M.
C'est tout ce que j'avais à dire.
Je vous sonne un jour prochain.
Des bises.

29/12/2014

" Un petit boulot"

A coups d'incisives grinçantes et acérées, Levison mord juste.
Jake est cynique. La société l'est. L'industrie et ses gros bonnets le sont. Hâtons nous de rendre les choses de la vie légères, de peur d'être obligé d'en crever !
Quelque part aux USA, perdue du côté des Grands lacs, une petite et miteuse ville industrieuse agonise. La dernière usine a claqué la porte au nez de ses derniers ouvriers pour se refaire une santé à coup de bas salaires au Mexique. Jake perd avec son maigre emploi, sa bagnole, son abonnement aux chaînes câblées - Unique fenêtre sur le monde - et sa blonde, partie avec un portefeuille plus épais.
Ken Gardocki, bookmaker-vendeur d'armes sous le manteau-dealer, est le seul homme prospère à la ronde. Quand les rats crèvent de "fin", les truands youplaboum.
Ken truande mais tient à garder les mains propres. Quand il décide de liquider sa femme, ex stripteaseuse qui s'envoie en l'air avec un pilote de ligne, il propose à Jake de se charger du "petit boulot", contre effacement de sa -copieuse - dette de jeu plus un petit en-cas sympathique. 
Jake accepte sans ciller. Et puis quoi ? Dans cette grande farce économique qu'est devenue l'Amérique des années Bush, l'immoralité est d'une banalité affligeante. Il n'y a pas de sot boulot, et surtout pas d'état d'âme. 
Le petit boulot est si bien exécuté que Gardocki passera diverses commandes à un Jake zélé et si épris de justice qu'il nettoiera également l'homme de main de son commanditaire qu'il trouve louche ou le petit chef puant qui menace de virer son copain pompiste.
Mais Jake est un super bon gars en vrai. Ce n'est pas compliqué. Il rêve de tenir un épicerie avec son pote. Il veut une femme, une gentille, qui lui ferait un gosse. Il veut s'abonner au câble, racheter une caisse, se chauffer, un peu. 
Ce bouquin là, c'est "The full monty" façon Tarantino. De la misère trash. De l'hémoglobine en gros sabots coloriés d'humour noir.
Iain Levison m'avait déjà tapé dans le coeur littéraire avec le très grand "Arrêtez-moi là", il marque l'essai avec une plume cyanurée juste comme il faut et un esprit dont le caustique ne se dément pas !

"Un petit boulot" 
Iain Levison ( Américain )
Editions Liana Levi 10 €

01/12/2014

Brève Histoire de robe - Moulage dedans -

J'épargne au visiteur les contorsions d'usage pour un auto-moulage. 
Le principe dans les faits est simple : Fermer provisoirement le dos et ouvrir une couture de côté pour ajuster le bustier et faire quelques incantations à la Déesse Cordula pour qu'il n'y ait aucune retouche à faire au dos.
A partir de là c'est presque plié.
Fond de robe baleiné monté sur doublure entière.
Pose de bolducs pour visualiser les drapés.
Valse des épingles sur bandes plissées, biaisées et / ou entrecroisées. Le moulage est avant tout une question de feeling.
On ferme le tout.
Emballez.








Soie crépon bleu Klein Gentleman du tissu St Pierre.
Baskets collection personnelle - On s'aime trop -

12/11/2014

Vente solidaire Noël et Liberty . The clic to be.

Clémence ne cesse de m'étonner.
L'an dernier, pour les deux ans de son blog "Les trouvailles de Joséphine", elle lançait une vente solidaire éphémère en sollicitant les blogueuses agiles et créatrices.
Les 6000 € de dons étaient reversés intégralement à l'association "vaincre la mucoviscidose".
Cette année elle récidive.
Cette année, encore, les créatrices suivent mais pas seulement.
Clémence est devenue en très peu de temps une incontournable de la blogo-sphère enfance, déco et mode. Les plus grandes marques sont attentives à ses critiques, et les mamans font confiance à son goût sûr et raisonné.
Clémence est un "personnage", vrai, dynamique et efficace. Elle enchaîne les projets avec une facilité déconcertante, choisit de façon extrêmement clairvoyante ses coups de coeur, aime entièrement ou déteste cordialement. Revient objectivement sur un avis si le produit déçoit, n'hésite pas à frapper haut pour faire réagir la marque, bref, c'est une communicante dans le beau sens du terme.
Communiquer pour commun. Pas pour…. Bref.
Donc.
Cette année, la palette de dons est assez bluffante. Des grandes marques de mode enfantine se joignent au mouvement, et la bousculade des acheteurs risque d'être aussi comique que chez H&M au premier jour des soldes.
A savoir : La vente se déroulera du samedi 15 novembre à 10 h au dimanche 16 novembre à 15 h.
Elle se présente sous forme d'enchères sur le net. Les explications sont limpides ICI.
Les marques, créateurs et particuliers donateurs prennent en charge l'objet, bien sûr, mais l'envoi également.
Clémence, aidée par Karen abat depuis des jours un travail de titan. Et elle va gérer toute la communication liée à chaque vente… Courtoisie et patience de la part des acheteurs sont de mise.
Le principal de l'histoire. Finalement…
C'est que cette vente, qui réveille en nous, faibles consommateurs ( bon. trices. Ok ) nos instincts de chasseur-cueilleur et nous procure une jouissance bien légitime de propriétaire comblé, sentiment rehaussé à sa juste valeur en cette veille de période de fêtes où de toutes façons tu vas devoir claquer un max pour les enfants. Cette vente, bref, c'est juste une façon de DONNER pour que la recherche avance et que des milliers de gamins atteints de mucoviscidose puissent enfin regarder, juste, une ligne d'horizon…
Voilà.
C'est ICI. En ligne. Et pas ailleurs !
Have fun les gens !
Merci Clémence.
Valantoine participe en offrant deux Moïses 3 mois en molleton France Duval Stalla et Liberty
Envoyé avec un accessoire surprise.
Et pour en savoir un peu plus sur la muco, version un peu trash c'est là.
Page FB de la vente anniversaire pour aider la Muco ICI.


16/10/2014

L'invincible Louis Zamperini !

Invincible.
Il est mort en juillet.
A 97 ans il a dit  "va". J'ai accompli ma vie.
Un homme peut-il à ce point vivre sans vouloir en finir ?
Je veux dire. Un homme peut-il à ce point endurer de l'existence sans se laisser mourir !?
Elle bouillonne la vie chez cet homme.
L'enfance de Louis est une boulimie d'expériences, de bêtises et de larcins, de petites truanderies et de grosses bagarres.
L'enfant ne tient pas en place. On le confrontera à la piste d'Athlétisme . Ce sera une révélation !
Il devait marquer son siècle.
Ses premières courses furent éblouissantes !
Raillé par des adversaires aux dents longues et aux pointes acérées, il finit un mile en 4 minutes 08 secondes, un temps qui restera au firmament des records inégalés pendant 18 ans !
8 ème aux 5000 mètres aux jeux Olympiques de Berlin, la guerre 39/45 aura raison de ses espoirs de médailles.
Le cahot mondial emporte les hommes valides et les recrache sur des théâtres morbides.
Louis endosse l'uniforme de l'US Air Force et bombarde le Pacifique à bord d'un B-24 qui finira par s'abimer en mer.
3 hommes. L'océan les recrache . Deux radeaux de caoutchouc se font refuges.
47 jours de dérive. Zéro nourriture. Un peu d'eau de pluie. Un soleil écrasant. Des centaines de requins prédateurs. Des heures de survie sous le feu nourri des tirs ennemis. Des ouragans et 3000 kilomètres au gré des courants. Deux survivants. Et au bout de l'enfer, un nouveau gouffre.
Prisonniers des Japonais. Une nouvelle survie.
Geôles putrides et étriquées, abîmes de souffrances, de brutalité. D'inhumanité.
Watanabe est "L'oiseau". Criminel de guerre de haut vol. Il n'aura de cesse d'écraser son peuple de damnés prisonniers réduisant au néant la plus petite parcelle d'humanité de ces ombres d'hommes tombés dans l'oubli.
Louis sera officiellement déclaré mort.
Il est pourtant bien vivant.
Invincible.
Sa vie est déjà un roman. Elle n'est pourtant qu'un préambule.
"Invincible" parle d'un homme, d'une lutte, de multiples enfers et d'une rédemption.
Laura Hillenbrand ( Auteur de l'immense succès "La légende de Seabiscuit" ) fait un récit fidèle d'un homme dont on ne peut que louer l'héroïsme et l'humanité, acteur bien malgré lui d'une fresque éclaboussée d'abominations et d'accablement, mais dont la lumineuse issue n'est qu'un reflet du bouillonnement de vie du coureur Zamperini.
"Invincible" par Laura Hillenbrand
Presses de la cité.
…Et au cinéma en janvier 2015 !