...Les "Enfants du large"
Olivier et cécile de La Rochefoucauld
Ed. Le cherche midi
Olivier, Cécile et les enfants.
Comment vous exprimer ma joie d'avoir passé une journée à vos côtés?!
Livre en main, tout en vaquant, sans y penser vraiment, à mes occupations domestiques.
Vous m'avez mené au bout du monde.
L'océan déchaîné que vous avez dompté m'a bringuebalé, de mon café à ma cuisinière, passant par Porto où j'ai quelques bons souvenirs, détours par ma salle de bain, et déjà je suis au Cap vert.
La route est houleuse. Les esprits s'échauffent, les corps sont meurtris.
A l'heure du déjeuner, je suis déjà à Rio, puis en Uruguay.
J'entends le tonnerre des chutes d'Iguaçù, et je frissonne....
C'est la longue descente vers le Cap Horn.
Tout n'est pas simple.
Vos tensions, vos doutes et inquiétudes se font miennes.
Mais les enfants, par leur calme et leur naturel apaisent par leur joyeuse présence les tracas du moment.
Comme une envie de relire Raspail, après avoir sillonné la Terre de Feu...
Je crains l'épreuve du labyrinthe des glaces. Vous me guidez sans encombre vers Chiloé.
Rien ne vous arrête.
Les grandes vacances se passeront comme prévu entre le Pérou et la Bolivie.
Les enfants me réclament leur goûter.
Surtout ne pas me laisser déconcentrer.
Je remonte en ce moment le long des côtes Péruviennes jusqu'au Panama, et vous n'imaginez pas l'angoisse qui me prend à l'idée de croiser la route des gueules peu avenantes des pirates qui rôdent dans le coin...
...Cécile et Olive mènent leur barque...Ou plutôt leur Atao...
Cécile attend un 6e moussaillon (à même pas trente ans!) et sans s'appesantir sur sa condition de femme à choyer, essuie tempêtes et nuits de garde sans moufter...
Moi qui ne peux même pas faire 10 pas pendant six mois à chacune de mes grossesses, je dois dire, bien sincèrement qu'une pointe de jalousie m'a effleuré un instant!
Mais qui ose gagne!
Vos anges gardiens ont bien gardienné, certainement! Parce que c'était vous!
Comme tout va si vite maintenant!
Le Canal de Panama est loin derrière, et nous naviguons désormais dans les Caraïbes.
Le soleil est apaisant. On se fait des orgies de poissons, et les rencontres sont riches et émouvantes.
Le sixième moussaillon est né.
Les vacances aux Antilles sont finies.
La dernière traversée me serre la gorge..
Vous y êtes.
A huit sur le quai breton.
Je ne vous connais pas et je verse ma larme.
Je pleure vos peines, vos doutes, vos joies. Toute cette route me revient.
J'ose vous dire "vous êtes beaux!"
Notre saint Jean Paul II s'adressait plus particulièrement à vous en déclarant "Vous êtes le sel de la terre!".
Olivier et Cécile.
Merci pour votre volonté, votre courage, votre regard sur le monde, votre ouverture d'esprit, votre sens de l'éducation et de l'honneur, votre clairvoyance...Et pour ce petit grain d'inconscience qui vous rend si fort!
Je me permets des embrassades affectueuses que vous partagerez avec vos enfants!
....
Voguent les manifs....
Zouave 4 me dit:
"Maman, la pov' maîtresse, elle a la grève!"
....
"C'est ça mon chéri!
T'as tout compris!
C'est comme le rhume la grève.
Comme la fièvre aphteuse.
ça se propage, de moutons en moutons..."
...
Je ne sais pas, mais, me semble t'il .
Quand crise il y a, on fait tout ce qu'on peut pour passer la vague.
On bosse. Deux fois plus. On se serre les coudes.
On accepte une mutation, un déménagement, un changement dans les habitudes. On donne quelques heures de plus, sans forcement gagner plus. Bref, on fait front!
Immobiliser le pays, c'est le couler encore plus! submerger les entreprises, les indépendants, les commerçants...
Je sais que certains sont désespérés! Cette douleur, je l'entends, je la comprends!
Certains crient de ne pas pouvoir montrer leurs valeurs et leur courage!
...Les autres...Qui ont du travail...
Mesurent ils leur chance?!
Les chefs d'entreprises suent sang et eau, 24h sur 24 pour préserver des emplois...Faire un bilan comptable alors que la crise plombe toutes les activités, c'est une angoisse de chaque instant.
Calculer, recompter... Tout retourner...se dire, je licencie ou je ferme...
Difficile de ne pas se pencher sur son cas, quand le cas se sent trahis...
J'aimerai connaître LA solution...
Mais la solution n'est pas dans la rue!
...Je laisse le mot de la fin à Cécile et Olivier...
"....Le gaspillage qui parait si normal à nos semblabes nous choque à présent. Nous vivons dans un pays riche, très riche, qui a tout; pourtant, chacun ne cesse de se plaindre et de revendiquer, se créant des besoins qui ne sont que du superflu...Nous devons à notre aventure d'être devenus conscients de l'essentiel: en ce sens, elle nous aura aidés à mieux vivre."....
....Un message que je suis la première à méditer!